Le bureau de consultation du cabinet

Comprendre les soins · Information médicale

Comprendre
avant de décider.

Ce que sont les soins proposés au cabinet, leurs indications, leurs limites et leurs risques, d’après les données scientifiques disponibles.

À lire

Ces fiches donnent une information générale. Elles ne remplacent pas une consultation : seul un examen permet de savoir si un soin vous convient, et aucun résultat ne peut être garanti. Les durées et les fréquences citées sont des moyennes issues des études ; elles varient d’une personne à l’autre.

Dernière mise à jour : octobre 2026 · Sources : publications scientifiques et autorités de santé, citées sous chaque fiche.

[À VALIDER PAR LA DOCTEURE : relecture de chaque fiche avant publication]

Votre parcours au cabinet

Quatre temps, sans précipitation.

Quel que soit le soin envisagé, la démarche reste la même.

01

Consultation

Écouter la demande, interroger sur la santé, les traitements et les allergies, examiner. Un soin peut être déconseillé.

02

Information

Ce que permet le soin, ses limites, ses effets indésirables, les alternatives. Vous pouvez prendre le temps de réfléchir.

03

Le soin

Asepsie, matériel à usage unique, produit identifié par son numéro de lot.

04

Le suivi

Conseils écrits pour les jours suivants, contrôle si nécessaire et un numéro à joindre en cas d’inquiétude.

Comment lire les fiches

Le niveau de preuve.

Chaque fiche indique la solidité des données scientifiques qui la soutiennent.

Élevé

Plusieurs essais contrôlés de bonne qualité, résultats concordants.

Modéré

Essais de qualité correcte, mais en nombre limité ou aux résultats variables.

Faible

Petites études, méthodes hétérogènes : l’effet reste incertain.

Très faible

Données insuffisantes pour conclure.

01 · Injections

Les injections,
expliquées.

Toxine botulique, acide hyaluronique, fils et biostimulation.

Injection réalisée avec masque, gants et charlotte
Toxine botulique · rides d’expression

Séance

Environ 15 minutes

Durée / nombre de séances

Quelques mois (≈ 4 mois dans l’essai de référence sur les rides du lion)

Niveau de preuve

Élevé

Qu’est-ce que c’est ?

La toxine botulique de type A est un médicament qui bloque temporairement la transmission entre le nerf et le muscle. Injectée en très petite quantité dans certains muscles du visage, elle réduit leur contraction et donc les rides qu’ils creusent.

Pour quelles indications ?

Rides du lion (entre les sourcils), rides du front et rides de la patte d’oie sont les indications les plus étudiées. D’autres usages (sourire gingival, commissures, menton) existent, avec moins de données.

Comment se déroule une séance ?

Après un examen du visage au repos et en mouvement, la docteure réalise quelques injections avec une aiguille très fine. La séance dure environ 15 minutes et ne nécessite pas d’anesthésie.

Combien de temps dure l’effet ?

L’effet apparaît en quelques jours. Dans l’essai de référence sur les rides du lion, l’amélioration persistait chez de nombreux patients jusqu’à 120 jours (4 mois) [1]. La durée varie selon la personne, la zone et la dose ; les injections peuvent être renouvelées, en respectant un intervalle minimal.

Effets indésirables possibles

  • Fréquents et passagers : petite douleur, rougeur, ecchymose (bleu), maux de tête [2].
  • Moins fréquents : chute de la paupière (ptosis) ou du sourcil, sensation de paupière lourde, asymétrie. Dans l’essai de 2002, une chute de paupière, le plus souvent légère, est survenue chez 5,4 % des patients traités pour les rides du lion [1]. Une méta-analyse de 18 études (5 298 participants) confirme ces effets, en général transitoires [3].
  • Rares mais graves : diffusion de l’effet à distance (troubles de la déglutition, de la respiration ou de la vision), surtout à fortes doses.

Contre-indications et précautions

Grossesse et allaitement (données insuffisantes), maladies neuromusculaires (myasthénie par exemple), infection au point d’injection, allergie connue au produit, prise de certains médicaments (aminosides). Signalez tout traitement en cours.

Avant / après la séance

Avant : venir sans maquillage, signaler la prise d’anticoagulants. Après : ne pas masser la zone ni s’allonger pendant quelques heures, éviter le sport intense et la chaleur (hammam) le jour même.

Quand consulter en urgence ?

Difficulté à avaler, à parler ou à respirer, vision double, faiblesse musculaire généralisée : appelez immédiatement le cabinet ou rendez-vous aux urgences.

Références scientifiques (3)
  1. Carruthers JA, Lowe NJ, Menter MA, et al. A multicenter, double-blind, randomized, placebo-controlled study of the efficacy and safety of botulinum toxin type A in the treatment of glabellar lines. J Am Acad Dermatol. 2002;46(6):840-9. PMID 12063480. https://doi.org/10.1067/mjd.2002.121356
  2. Jia Z, Lu H, Yang X, et al. Adverse Events of Botulinum Toxin Type A in Facial Rejuvenation: A Systematic Review and Meta-Analysis. Aesthetic Plast Surg. 2016;40(5):769-77. PMID 27495260. https://doi.org/10.1007/s00266-016-0682-1
  3. Brin MF, De Boulle K, Liew S, et al. Safety and tolerability of onabotulinumtoxinA in the treatment of upper facial lines from global registration studies in 5298 participants: A meta-analysis. JAAD Int. 2023;14:4-18. PMID 38035126. https://doi.org/10.1016/j.jdin.2023.07.021 (étude financée par le fabricant)
Toxine botulique et hyperhidrose axillaire (transpiration excessive des aisselles)

Séance

20 à 30 minutes

Durée / nombre de séances

Médiane ≈ 6,5 mois ; séances à renouveler

Niveau de preuve

Élevé

Qu’est-ce que c’est ?

L’hyperhidrose axillaire primaire est une transpiration des aisselles plus abondante que nécessaire, qui gêne la vie quotidienne. La toxine botulique, injectée dans la peau, bloque temporairement le signal nerveux qui stimule les glandes sudorales.

Pour quelles indications ?

Hyperhidrose axillaire primaire gênante, en général après échec ou intolérance des antitranspirants puissants (sels d’aluminium). Une transpiration excessive d’apparition récente, généralisée ou nocturne doit d’abord faire rechercher une cause médicale.

Comment se déroule une séance ?

La zone qui transpire peut être repérée par un test coloré (test de Minor). La docteure réalise ensuite une dizaine à une quinzaine de petites injections superficielles par aisselle [2]. La séance dure environ 20 à 30 minutes.

Combien de temps dure l’effet ?

Dans un essai contrôlé de 320 patients, 94 % des patients traités répondaient à 4 semaines (réduction d’au moins 50 % de la transpiration), et 82 % à 16 semaines, contre 36 % et 21 % sous placebo [2]. Dans un essai de 52 semaines, la durée médiane de l’effet était d’environ 6,5 mois (197 à 205 jours selon la dose) [3]. L’effet n’est pas définitif : de nouvelles séances sont nécessaires.

Effets indésirables possibles

  • Fréquents : douleur aux points d’injection, petits bleus. Dans l’essai de 2001, 11 % des patients traités ont signalé un effet indésirable, contre 5 % sous placebo [2].
  • Rares : faiblesse passagère des muscles de la main ou du bras, réaction allergique.
  • Certaines personnes perçoivent une transpiration accrue ailleurs ; ce point est peu documenté avec la toxine.

Contre-indications et précautions

Les mêmes que pour la fiche 1 : grossesse, allaitement, maladies neuromusculaires, infection locale, allergie au produit.

Avant / après la séance

Avant : ne pas se raser ni appliquer de déodorant le jour même. Après : éviter le sport intense et le hammam pendant 24 heures.

Quand consulter en urgence ?

Difficulté à respirer ou à avaler, faiblesse inhabituelle, signes d’allergie (gonflement du visage, urticaire étendue).

Références scientifiques (3)
  1. Heckmann M, Ceballos-Baumann AO, Plewig G. Botulinum toxin A for axillary hyperhidrosis (excessive sweating). N Engl J Med. 2001;344(7):488-93. PMID 11172190. https://doi.org/10.1056/NEJM200102153440704
  2. Naumann M, Lowe NJ. Botulinum toxin type A in treatment of bilateral primary axillary hyperhidrosis: randomised, parallel group, double blind, placebo controlled trial. BMJ. 2001;323(7313):596-9. PMID 11557704. https://doi.org/10.1136/bmj.323.7313.596
  3. Lowe NJ, Glaser DA, Eadie N, et al. Botulinum toxin type A in the treatment of primary axillary hyperhidrosis: a 52-week multicenter double-blind, randomized, placebo-controlled study of efficacy and safety. J Am Acad Dermatol. 2007;56(4):604-11. PMID 17306417. https://doi.org/10.1016/j.jaad.2007.01.009
Acide hyaluronique · comblement du visage

Séance

30 à 60 minutes

Durée / nombre de séances

Variable selon le produit et la zone

Niveau de preuve

Modéré

Qu’est-ce que c’est ?

L’acide hyaluronique est une substance naturellement présente dans la peau. Sous forme de gel injectable (« filler »), il restaure un volume ou corrige un creux. Il est progressivement dégradé par l’organisme et peut être dissous par une enzyme, la hyaluronidase.

Pour quelles indications ?

Pommettes et milieu du visage, tempes, menton, ligne de la mâchoire, sillons, cernes (zone délicate). L’objectif est l’harmonie du visage, pas la transformation.

Comment se déroule une séance ?

Consultation d’analyse du visage et recueil du consentement, photos, désinfection, puis injection à l’aiguille ou à la canule (tube fin à bout arrondi). La plupart des gels contiennent un anesthésique local. Durée : 30 à 60 minutes.

Combien de temps dure l’effet ?

Cela dépend du produit, de la zone et de la personne. Une revue systématique (24 études, 1 410 patients) retrouve à l’imagerie une persistance de 60 à 86 % du volume à 12 mois et de 50 à 86 % à 24 mois, avec une satisfaction qui décroît en parallèle [1]. Une petite série en IRM a détecté du gel plusieurs années après l’injection [2] : le produit peut donc persister plus longtemps que l’effet visible, ce qui incite à espacer les retouches.

Effets indésirables possibles

  • Fréquents et passagers : gonflement, rougeur, bleus, sensibilité, petites irrégularités [3].
  • Moins fréquents : nodules, réactions inflammatoires retardées, infection.
  • Rares mais graves : injection accidentelle dans un vaisseau sanguin (occlusion vasculaire), pouvant entraîner une nécrose de la peau, une baisse ou une perte de la vue, voire un accident vasculaire cérébral [3][4]. Voir la section « Sécurité des injections ».

Contre-indications et précautions

Grossesse, allaitement, infection ou bouton de fièvre actif dans la zone, maladie auto-immune évolutive, antécédent de réaction à un filler, troubles de la coagulation. Il faut signaler tout filler antérieur, surtout un produit permanent.

Avant / après la séance

Avant : signaler anticoagulants, aspirine, compléments (oméga-3, ginkgo). Après : ne pas masser, éviter maquillage, sport intense, hammam et soins dentaires pendant 24 à 48 heures.

Quand consulter en urgence ?

Douleur intense, peau qui blanchit ou devient violacée ou marbrée, trouble de la vision, maux de tête brutaux, faiblesse d’un côté du corps : appelez immédiatement le cabinet ou allez aux urgences.

Références scientifiques (4)
  1. de Castro Costa M, Andrade CA, Dantas RVF, et al. Clinical Durability of Hyaluronic Acid-Based Dermal Fillers for Facial Application: A Systematic Review. Aesthetic Plast Surg. 2026;50(5):1971-1993 (en ligne 2025). PMID 41261256. https://doi.org/10.1007/s00266-025-05435-1
  2. Master M, Azizeddin A, Master V. Hyaluronic Acid Filler Longevity in the Mid-face: A Review of 33 Magnetic Resonance Imaging Studies. Plast Reconstr Surg Glob Open. 2024;12(7):e5934. PMID 39015357. https://doi.org/10.1097/GOX.0000000000005934
  3. U.S. Food and Drug Administration (FDA). Dermal Fillers (Soft Tissue Fillers). Mise à jour du 06/07/2023. https://www.fda.gov/medical-devices/aesthetic-cosmetic-devices/dermal-fillers-soft-tissue-fillers
  4. Alam M, Kakar R, Dover JS, et al. Rates of Vascular Occlusion Associated With Using Needles vs Cannulas for Filler Injection. JAMA Dermatol. 2021;157(2):174-180. PMID 33377939. https://doi.org/10.1001/jamadermatol.2020.5102
Lèvres à l’acide hyaluronique et correction par hyaluronidase

Séance

Selon la zone

Durée / nombre de séances

Réponse maintenue à 12 mois chez 56 % des personnes (essai de 213 participants)

Niveau de preuve

Modéré

Qu’est-ce que c’est ?

L’injection d’acide hyaluronique dans les lèvres peut les hydrater, redessiner le contour ou apporter un volume modéré. La hyaluronidase est une enzyme qui dissout l’acide hyaluronique ; elle sert à corriger un résultat (excès, asymétrie, produit qui a migré) et, en urgence, à traiter une occlusion vasculaire.

Pour quelles indications ?

Lèvres fines ou asymétriques, contour peu marqué, ridules autour de la bouche. Correction d’un filler mal placé ou ayant migré au-dessus de la lèvre, nodules d’acide hyaluronique. La hyaluronidase n’agit pas sur les produits qui ne sont pas à base d’acide hyaluronique.

Comment se déroule une séance ?

Analyse des proportions du visage, anesthésie locale (crème ou gel contenant de la lidocaïne), injections par petites quantités. Pour une correction, la hyaluronidase est injectée dans la zone ; un test cutané préalable peut être proposé en cas de terrain allergique [3].

Combien de temps dure l’effet ?

Dans un essai randomisé (213 participants), 56,4 % des personnes traitées gardaient une réponse à 12 mois [1]. La lèvre étant une zone très mobile, la durée est souvent plus courte qu’ailleurs. La hyaluronidase agit en quelques heures à quelques jours ; plusieurs séances sont parfois nécessaires.

Effets indésirables possibles

  • Fréquents : gonflement marqué pendant 2 à 7 jours, bleus, fermeté [1].
  • Moins fréquents : nodules, migration du produit, poussée d’herpès labial.
  • Rares mais graves : occlusion vasculaire ; dans une cohorte de 370 dermatologues, les lèvres et les sillons nasogéniens étaient les zones les plus souvent touchées [2]. Pour la hyaluronidase : réaction allergique, plus probable en cas d’allergie aux piqûres d’abeille ou de guêpe [3].

Contre-indications et précautions

Celles de la fiche 3. Un herpès labial récidivant peut justifier un traitement préventif. La hyaluronidase est déconseillée en cas d’allergie connue à l’enzyme.

Avant / après la séance

Éviter de boire chaud, d’embrasser ou d’appuyer sur les lèvres le jour même ; pas de soins dentaires pendant 2 semaines si possible. Les lèvres gonflées les premiers jours ne reflètent pas le résultat final.

Quand consulter en urgence ?

Lèvre ou peau voisine qui blanchit, devient violacée ou très douloureuse, apparition de petites cloques, trouble visuel. Après une hyaluronidase : gonflement du visage, difficulté à respirer.

Références scientifiques (3)
  1. Dayan S, Bruce S, Kilmer S, et al. Safety and Effectiveness of the Hyaluronic Acid Filler, HYC-24L, for Lip and Perioral Augmentation. Dermatol Surg. 2015;41 Suppl 1:S293-301. PMID 26618456. https://doi.org/10.1097/DSS.0000000000000540 (étude financée par le fabricant)
  2. Alam M, et al. Rates of Vascular Occlusion Associated With Using Needles vs Cannulas for Filler Injection. JAMA Dermatol. 2021;157(2):174-180. PMID 33377939. https://doi.org/10.1001/jamadermatol.2020.5102
  3. Murray G, Convery C, Walker L, Davies E. Guideline for the Safe Use of Hyaluronidase in Aesthetic Medicine, Including Modified High-dose Protocol. J Clin Aesthet Dermatol. 2021;14(8):E69-E75. PMID 34840662. PMC8570661
Fils tenseurs résorbables (PDO, PLLA/PCL)

Séance

30 à 60 minutes

Durée / nombre de séances

Données à long terme insuffisantes (suivi maximal de 2 ans)

Niveau de preuve

Faible

Qu’est-ce que c’est ?

Des fils fins en matériau résorbable (polydioxanone ou PDO, acide poly-L-lactique, polycaprolactone ou PCL) sont glissés sous la peau à l’aide d’une aiguille ou d’une canule. Certains portent de petits crans qui accrochent les tissus pour les repositionner ; le matériau entraîne aussi une réaction locale de production de collagène pendant sa résorption.

Pour quelles indications ?

Relâchement léger à modéré de l’ovale du visage, des joues ou du cou, chez des personnes qui ne souhaitent pas de chirurgie. Les fils ne remplacent pas un lifting chirurgical en cas de relâchement important.

Comment se déroule une séance ?

Marquage des trajets, anesthésie locale, introduction des fils par de petits points d’entrée, ajustement. Durée : 30 à 60 minutes.

Combien de temps dure l’effet ?

Une revue systématique de 12 études (818 patients) montre une amélioration immédiate dans toutes les études. Le suivi le plus long était de 2 ans, et les données d’efficacité à long terme manquent [1]. Le résultat dépend de la qualité de la peau, du type de fil et du vieillissement naturel qui continue.

Effets indésirables possibles

  • Fréquents : gonflement, bleus, douleur ou tiraillement à la mastication, petites irrégularités ou capitons cutanés, asymétrie (le plus souvent transitoires) [1].
  • Moins fréquents : fil visible ou palpable, extrusion (sortie du fil), infection, granulome.
  • Rares : atteinte d’une branche nerveuse ou d’une glande salivaire.

Contre-indications et précautions

Grossesse, infection cutanée, troubles de la coagulation, maladie auto-immune évolutive, tendance aux cicatrices chéloïdes, attentes irréalistes. Peau très fine ou relâchement important : bénéfice limité.

Avant / après la séance

Avant : arrêter, si le médecin traitant l’autorise, les produits qui favorisent les saignements. Après : éviter d’ouvrir grand la bouche, les massages du visage, le sport intense et les soins dentaires pendant 2 à 3 semaines ; dormir sur le dos les premiers jours.

Quand consulter en urgence ?

Fièvre, rougeur chaude et douloureuse qui s’étend, écoulement de pus, fil qui sort de la peau, paralysie d’une partie du visage.

Références scientifiques (1)
  1. Riopelle AM, Geisler AN, Eber A, Dover JS. Update on Absorbable Facial Thread Lifts. Dermatol Surg. 2025;51(5):509-514. PMID 39662017. https://doi.org/10.1097/DSS.0000000000004521
Biostimulation · PLLA, polynucléotides, skinboosters

Séance

20 à 45 minutes

Durée / nombre de séances

Variable ; nombre optimal de séances non établi

Niveau de preuve

Faible

Qu’est-ce que c’est ?

Ces injections visent à améliorer la qualité de la peau (fermeté, hydratation, éclat) plutôt qu’à créer du volume. Les preuves sont très inégales selon le produit :

  • Acide poly-L-lactique (PLLA) : microparticules résorbables qui stimulent la production de collagène.
  • Polynucléotides et PDRN (souvent issus de l’ADN de saumon) : fragments d’ADN présentés comme favorisant la réparation des tissus.
  • Skinboosters : acide hyaluronique peu ou pas réticulé, parfois associé à d’autres actifs, injecté en microgouttes.

Pour quelles indications ?

Peau fine, terne ou déshydratée, ridules, perte de fermeté ; perte de volume diffuse pour le PLLA.

Comment se déroule une séance ?

Injections multiples superficielles à l’aiguille ou à la canule, après anesthésie locale éventuelle. Durée : 20 à 45 minutes.

Combien de séances / combien de temps dure l’effet ?

  • PLLA : une revue de 11 essais randomisés rapporte des effets maintenus au moins 25 mois dans certaines études, mais juge les preuves de faible qualité (5 essais sur 11 à risque de biais élevé) [1].
  • Polynucléotides/PDRN : une revue de 9 études (219 patients) de qualité faible à modérée rapporte une amélioration des rides et de l’élasticité [2] ; une autre retient 7 essais randomisés (183 participants) et souligne des échantillons petits et des protocoles hétérogènes [3]. Le nombre optimal de séances n’est pas établi.
  • Produits dits « régénératifs » (exosomes) : une revue systématique conclut à un manque de preuves solides d’efficacité et de sécurité [4]. La FDA indique qu’aucun produit à base d’exosomes n’est approuvé [5]. Ces produits ne sont pas présentés ici comme un traitement.

Effets indésirables possibles

Rougeur, gonflement, bleus, petites papules pendant quelques jours. PLLA : nodules ou papules, parfois tardifs [1]. Rares : infection, réaction allergique, occlusion vasculaire en cas d’injection profonde.

Contre-indications et précautions

Grossesse, allaitement, infection locale, maladie auto-immune évolutive, allergie au poisson pour les produits issus du saumon (à vérifier avec le fabricant).

Avant / après la séance

Pour le PLLA, un massage de la zone est souvent conseillé pendant plusieurs jours selon le protocole du produit. Éviter maquillage, hammam et sport intense pendant 24 heures.

Quand consulter en urgence ?

Douleur intense, peau qui blanchit ou devient violacée, trouble visuel, signes d’infection (fièvre, rougeur qui s’étend).

Références scientifiques (6)
  1. Signori R, Barbosa AP, Cezar-Dos-Santos F, et al. Efficacy and Safety of Poly-l-Lactic Acid in Facial Aesthetics: A Systematic Review. Polymers (Basel). 2024;16(18):2564. PMID 39339028. https://doi.org/10.3390/polym16182564
  2. Lampridou S, Bassett S, Cavallini M, Christopoulos G. The Effectiveness of Polynucleotides in Esthetic Medicine: A Systematic Review. J Cosmet Dermatol. 2025;24(2):e16721. PMID 39645667. https://doi.org/10.1111/jocd.16721
  3. Alhussain AM, et al. Polynucleotides and Polydeoxyribonucleotides for Skin Rejuvenation, Postoperative Scar Prevention, and Wound Healing: A Systematic Review of Randomized Clinical Trials. Cureus. 2026;18(7):e112403. PMID 42572627. https://doi.org/10.7759/cureus.112403
  4. Rahman E, Carruthers JDA, Rao P, et al. Regenerative Aesthetics: A Genuine Frontier or Just a Facet of Regenerative Medicine: A Systematic Review. Aesthetic Plast Surg. 2025;49(1):341-355. PMID 39198280. https://doi.org/10.1007/s00266-024-04287-5
  5. FDA. Consumer Alert on Regenerative Medicine Products Including Stem Cells and Exosomes. 22/07/2020 (contenu à jour au 09/04/2024). https://www.fda.gov/vaccines-blood-biologics/consumers-biologics/consumer-alert-regenerative-medicine-products-including-stem-cells-and-exosomes
  6. Contreras C, Ariza-Donado A. Extracellular Vesicles in Regenerative and Cosmetic Medicine: Safety, Clinical Effectiveness, Therapeutic Applications, and Regulatory Challenges. Int J Mol Sci. 2026;27(12):5541. PMID 42353255. https://doi.org/10.3390/ijms27125541

02 · Peau & laser

La peau
et la lumière.

Mésothérapie, PRP, peelings, laser, LED et taches pigmentaires.

Appareil de laser médical au cabinet
Mésothérapie et microneedling (visage)

Séance

30 à 60 minutes

Durée / nombre de séances

Série de séances ; pas de protocole standard

Niveau de preuve

Faible à modéré

Qu’est-ce que c’est ?

  • Microneedling : un appareil muni de micro-aiguilles crée de minuscules perforations contrôlées dans la peau, ce qui déclenche un processus de réparation et de production de collagène.
  • Mésothérapie : micro-injections superficielles de produits (acide hyaluronique non réticulé, vitamines, acides aminés, etc.). La composition varie beaucoup d’un produit à l’autre, ce qui rend les études difficiles à comparer.

Pour quelles indications ?

Microneedling : cicatrices d’acné atrophiques, ridules, texture irrégulière, vergetures ; en complément pour le mélasma [2]. Mésothérapie : peau terne ou déshydratée (preuves limitées).

Comment se déroule une séance ?

Nettoyage, crème anesthésiante, passage du dispositif ou micro-injections. Durée : 30 à 60 minutes. Rougeur immédiate, comme un coup de soleil.

Combien de séances / combien de temps dure l’effet ?

Une revue systématique sur le microneedling rapporte des résultats favorables pour les cicatrices et les rides, mais note des faiblesses méthodologiques et l’absence de protocole standard [1]. Dans le mélasma, une méta-analyse d’essais randomisés suggère un bénéfice du microneedling en complément d’autres traitements, avec un effet visible à partir de 4 semaines et maximal vers 24 semaines [2]. Pour la mésothérapie « cocktail », nous n’avons pas identifié de revue systématique solide : son efficacité n’est pas démontrée.

Effets indésirables possibles

  • Fréquents : rougeur, gonflement, petites croûtes, sensibilité pendant 1 à 3 jours.
  • Moins fréquents : hyperpigmentation post-inflammatoire (surtout peaux mates), poussée d’acné ou d’herpès.
  • Rares mais graves : infections, notamment à mycobactéries atypiques, liées à un défaut d’asepsie ou à des produits contaminés. Dans une revue de 92 cas d’infections après actes esthétiques, la mésothérapie était l’acte le plus souvent en cause (34 %) [3].

Contre-indications et précautions

Acné inflammatoire ou infection active, herpès en poussée, traitement par isotrétinoïne récent, tendance aux chéloïdes, grossesse (pour les produits injectés).

Avant / après la séance

Arrêter les produits irritants (rétinoïdes, acides) quelques jours avant. Après : pas de maquillage pendant 24 heures, soins doux, photoprotection stricte.

Quand consulter en urgence ?

Nodules douloureux ou plaies qui apparaissent des semaines après la séance, fièvre, rougeur qui s’étend.

Références scientifiques (3)
  1. Ramaut L, Hoeksema H, Pirayesh A, et al. Microneedling: Where do we stand now? A systematic review of the literature. J Plast Reconstr Aesthet Surg. 2018;71(1):1-14. PMID 28690124. https://doi.org/10.1016/j.bjps.2017.06.006
  2. Simin H, Siliang X, Wei C, et al. Efficacy of Microneedle as an Assisted Therapy for Melasma: A Meta-analysis and Systematic Review of Randomized Controlled Trials. Aesthetic Plast Surg. 2025;49(6):1755-1769. PMID 39414648. https://doi.org/10.1007/s00266-024-04395-2
  3. Jabbour SF, Malek AE, Kechichian EG, et al. Nontuberculous Mycobacterial Infections After Cosmetic Procedures: A Systematic Review and Management Algorithm. Dermatol Surg. 2020;46(1):116-121. PMID 30964788. https://doi.org/10.1097/DSS.0000000000001929
PRP visage et PRP capillaire

Séance

45 à 60 minutes

Durée / nombre de séances

En moyenne 3 séances (visage) ; durabilité mal connue

Niveau de preuve

Faible

Qu’est-ce que c’est ?

Le PRP (plasma riche en plaquettes) est préparé à partir d’une prise de sang de la patiente, centrifugée pour concentrer les plaquettes. Il est ensuite réinjecté dans la peau du visage ou du cuir chevelu. Les plaquettes contiennent des facteurs de croissance, ce qui fonde l’hypothèse d’un effet de réparation.

Pour quelles indications ?

  • Visage : ridules, qualité de peau, cernes.
  • Cheveux : alopécie androgénétique (calvitie masculine ou féminine), en complément des traitements de référence (voir fiche 13).

Comment se déroule une séance ?

Prise de sang, centrifugation (15 à 20 minutes), puis injections superficielles. Durée totale : environ 45 à 60 minutes.

Combien de séances / combien de temps dure l’effet ?

  • Visage : dans une revue de 19 études sur la région des yeux, les patients recevaient en moyenne 3 séances (de 1 à 8) espacées d’environ 3 semaines, avec un suivi moyen de 3 mois seulement [1]. La durabilité est mal connue [2].
  • Cheveux : ajouter le PRP au minoxidil améliore la densité dans plusieurs essais, mais la certitude des preuves est jugée faible à très faible [3]. Comparé au minoxidil seul, le PRP ne montre pas d’avantage net sur la densité ni sur le nombre de cheveux terminaux [4]. Une méta-analyse chez la femme retrouve une amélioration de la densité, avec des résultats variables selon les protocoles [5]. La recommandation européenne (S3) de 2017 sur l’alopécie androgénétique jugeait les données insuffisantes pour recommander le PRP [6]. Un entretien périodique est en général nécessaire.

Effets indésirables possibles

Douleur pendant l’injection, rougeur, petits bleus, maux de tête ou sensibilité du cuir chevelu pendant 1 à 2 jours. Les effets graves sont rares ; le risque principal est infectieux en cas de défaut d’asepsie.

Contre-indications et précautions

Troubles des plaquettes ou de la coagulation, anticoagulants, anémie, infection en cours, cancer évolutif, grossesse.

Avant / après la séance

Bien boire et manger avant la prise de sang. Éviter l’aspirine et les anti-inflammatoires quelques jours avant, si le médecin traitant l’autorise. Après : pas de shampoing ni de hammam le jour même.

Quand consulter en urgence ?

Fièvre, rougeur ou douleur croissante, écoulement au point d’injection.

Références scientifiques (6)
  1. Evans AG, Ivanic MG, Botros MA, et al. Rejuvenating the periorbital area using platelet-rich plasma: a systematic review and meta-analysis. Arch Dermatol Res. 2021;313(9):711-727. PMID 33433716. https://doi.org/10.1007/s00403-020-02173-z
  2. Sollitto CF, Narduzzi M, Wolinsky C. A Systematic Review of Platelet-Rich Plasma Versus Platelet-Rich Fibrin for Periorbital Rejuvenation. J Cosmet Dermatol. 2025;24(11):e70524. PMID 41190633. https://doi.org/10.1111/jocd.70524
  3. Yao J, Zhu L, Pan M, et al. The additive value of platelet-rich plasma to topical Minoxidil in the treatment of androgenetic alopecia: A systematic review and meta-analysis. PLoS One. 2024;19(8):e0308986. PMID 39197003. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0308986
  4. Umar M, Anwar A, Shamim L, et al. Comparative Efficacy and Safety of Platelet Rich Plasma (PRP) versus Topical Minoxidil for Androgenetic Alopecia: A Systematic Review and Meta-analysis. Aesthetic Plast Surg. 2026;50(3):1340-1353 (en ligne 2025). PMID 41219547. https://doi.org/10.1007/s00266-025-05394-7
  5. Yuan J, He Y, Wan H, Gao Y. Effectiveness of platelet-rich plasma in treating female hair loss: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Skin Res Technol. 2024;30(8):e70004. PMID 39177365. https://doi.org/10.1111/srt.70004
  6. Kanti V, Messenger A, Dobos G, et al. Evidence-based (S3) guideline for the treatment of androgenetic alopecia in women and in men – short version. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2018;32(1):11-22. PMID 29178529. https://doi.org/10.1111/jdv.14624
Peelings chimiques

Séance

20 à 30 minutes

Durée / nombre de séances

Séances en série, selon l’indication

Niveau de preuve

Faible à modéré

Qu’est-ce que c’est ?

Un peeling consiste à appliquer sur la peau une solution acide (acide glycolique, salicylique, mandélique, acide trichloracétique ou TCA, etc.) qui provoque une exfoliation contrôlée. La peau se renouvelle ensuite. On distingue les peelings superficiels, moyens et profonds ; en cabinet de médecine esthétique, ce sont surtout les peelings superficiels et parfois moyens [1].

Pour quelles indications ?

Teint terne, ridules, certaines taches (lentigos, hyperpigmentations), acné légère et ses marques, en complément d’un traitement local.

Comment se déroule une séance ?

Nettoyage et dégraissage de la peau, application de l’acide pendant un temps défini, neutralisation ou rinçage selon le produit. Durée : 20 à 30 minutes. Picotements ou sensation de chaleur pendant l’application.

Combien de séances / combien de temps dure l’effet ?

Les peelings superficiels se font souvent en série, à quelques semaines d’intervalle ; le nombre dépend de l’indication et de la tolérance [1]. Pour les lentigos solaires, une revue systématique retrouve une réponse complète chez 6 % des patients traités par peeling seul, contre 43 % avec les lasers et 65 % avec les associations de traitements [2]. Pour le mélasma, une association hydroquinone et peeling glycolique a été étudiée, mais les traitements disponibles restent jugés imparfaits [3]. Sans photoprotection, les taches réapparaissent fréquemment.

Effets indésirables possibles

  • Fréquents : rougeur, desquamation (la peau pèle) pendant quelques jours, tiraillements.
  • Moins fréquents : hyperpigmentation post-inflammatoire, surtout sur les peaux mates à foncées ; poussée d’herpès ; irritation prolongée.
  • Rares : cicatrices, dépigmentation, infection, surtout avec les peelings moyens et profonds.

Contre-indications et précautions

Grossesse (selon l’agent), traitement par isotrétinoïne récent, herpès actif, plaie ou eczéma sur la zone, bronzage récent, antécédent de cicatrices chéloïdes. Une préparation de la peau est souvent proposée avant un peeling sur peau foncée.

Avant / après la séance

Avant : arrêter rétinoïdes et gommages quelques jours avant, éviter le soleil. Après : ne pas arracher les peaux, hydrater, écran solaire très haute protection chaque jour, éviter hammam et piscine pendant quelques jours.

Quand consulter en urgence ?

Cloques, croûtes épaisses, douleur importante, suintement ou signes d’infection, tache qui fonce rapidement.

Références scientifiques (3)
  1. Soleymani T, Lanoue J, Rahman Z. A Practical Approach to Chemical Peels: A Review of Fundamentals and Step-by-step Algorithmic Protocol for Treatment. J Clin Aesthet Dermatol. 2018;11(8):21-28. PMID 30214663.
  2. Mukovozov I, Roesler J, Kashetsky N, Gregory A. Treatment of Lentigines: A Systematic Review. Dermatol Surg. 2023;49(1):17-24. PMID 36533790. https://doi.org/10.1097/DSS.0000000000003630
  3. Rajaratnam R, Halpern J, Salim A, Emmett C. Interventions for melasma. Cochrane Database Syst Rev. 2010;(7):CD003583. PMID 20614435. https://doi.org/10.1002/14651858.CD003583.pub2
Épilation laser

Séance

Quelques minutes à 1 heure

Durée / nombre de séances

Plusieurs séances ; réduction d’environ 50 % à 6 mois

Niveau de preuve

Modéré (court terme)

Qu’est-ce que c’est ?

Le laser émet une lumière absorbée par le pigment (la mélanine) du poil. La chaleur produite abîme le follicule pileux et réduit la repousse. Le laser agit mieux sur les poils foncés et les peaux claires ; les peaux mates à foncées nécessitent des longueurs d’onde et des réglages adaptés [2].

Pour quelles indications ?

Pilosité gênante (visage, aisselles, maillot, jambes, etc.), y compris certaines situations médicales comme la pilosité excessive (hirsutisme), après recherche d’une cause hormonale si besoin.

Comment se déroule une séance ?

Rasage la veille, réglage de l’appareil selon le phototype, protection des yeux, passage de la pièce à main avec refroidissement. Sensation d’élastique qui claque. Durée : de quelques minutes à une heure selon la zone.

Combien de séances / combien de temps dure l’effet ?

Plusieurs séances sont nécessaires, car seuls les poils en phase de croissance sont sensibles. La revue Cochrane (11 essais) retrouve une réduction d’environ 50 % des poils jusqu’à 6 mois après traitement avec les lasers alexandrite et diode ; une épilation définitive à long terme n’a été démontrée avec aucune technique [1]. Des séances d’entretien sont souvent nécessaires. On parle donc de « réduction durable de la pilosité » plutôt que d’« épilation définitive ».

Effets indésirables possibles

  • Fréquents : rougeur et gonflement autour des poils pendant quelques heures, douleur [1].
  • Moins fréquents : brûlure, cloques, croûtes, taches brunes ou claires (plus fréquentes sur peau bronzée ou foncée) [1][2].
  • Rares : cicatrices, repousse paradoxale de poils sur des zones voisines (surtout au visage), lésion oculaire en l’absence de protection.

Contre-indications et précautions

Bronzage récent ou autobronzant, prise de médicaments photosensibilisants, grossesse (par précaution), infection ou herpès sur la zone, tatouage sur la zone, lésion pigmentée non examinée. Les poils blancs, roux ou très clairs répondent peu.

Avant / après la séance

Avant : ne pas épiler à la cire ou à la pince pendant plusieurs semaines (le rasage est autorisé), éviter le soleil. Après : pas de hammam ni d’exposition solaire pendant quelques jours, écran solaire sur les zones exposées.

Quand consulter en urgence ?

Cloques, brûlure qui suinte, douleur importante qui persiste, toute gêne visuelle après une séance au visage.

Références scientifiques (2)
  1. Haedersdal M, Gøtzsche PC. Laser and photoepilation for unwanted hair growth. Cochrane Database Syst Rev. 2006;(4):CD004684. PMID 17054211. https://doi.org/10.1002/14651858.CD004684.pub2
  2. Richter AL, Barrera J, Markus RF, Brissett A. Laser skin treatment in non-Caucasian patients. Facial Plast Surg Clin North Am. 2014;22(3):439-46. PMID 25049127. https://doi.org/10.1016/j.fsc.2014.04.006
Photobiomodulation / LED médicale

Séance

10 à 20 minutes

Durée / nombre de séances

Série de séances rapprochées

Niveau de preuve

Faible

Qu’est-ce que c’est ?

La photobiomodulation utilise une lumière de faible intensité (LED bleue, rouge ou proche infrarouge), qui ne chauffe pas et ne coupe pas la peau. Selon les études de laboratoire, la lumière rouge et infrarouge agirait sur l’énergie des cellules (mitochondries), et la lumière bleue sur la bactérie de l’acné [1][3].

Pour quelles indications ?

Elle est proposée en complément pour l’acné légère à modérée, la récupération après un acte (peeling, microneedling), les rougeurs et la qualité de la peau. Ce n’est pas un traitement de première intention de l’acné.

Comment se déroule une séance ?

Nettoyage de la peau, protection des yeux, exposition sous le panneau lumineux pendant 10 à 20 minutes environ. Aucune douleur ; aucune éviction sociale.

Combien de séances / combien de temps dure l’effet ?

Les protocoles prévoient en général une série de séances rapprochées. Les preuves cliniques restent limitées : pour l’acné, la revue Cochrane (71 essais, 4 211 participants) juge la qualité des preuves faible à très faible pour la plupart des comparaisons, et seule une minorité d’études a évalué les résultats plus de 3 mois après la fin du traitement [2]. Pour le rajeunissement cutané, les données reposent surtout sur des études de petite taille [1]. Il n’est pas possible d’annoncer une durée d’effet fiable.

Effets indésirables possibles

Rares et le plus souvent légers : rougeur, sécheresse, sensation de chaleur. Chez les personnes à peau mate ou foncée, la lumière visible peut accentuer certaines pigmentations [3] ; une prudence particulière est conseillée en cas de mélasma.

Contre-indications et précautions

Médicaments ou maladies photosensibilisants (lupus, porphyrie, certains antibiotiques), épilepsie photosensible, lésion cutanée suspecte non examinée, grossesse (par précaution, faute de données).

Avant / après la séance

Venir sans maquillage. Signaler tout nouveau médicament. Pas de précaution particulière après la séance, en dehors de la photoprotection habituelle.

Quand consulter en urgence ?

Brûlure, cloques, réaction cutanée étendue ou gêne visuelle persistante après la séance.

Références scientifiques (3)
  1. Avci P, Gupta A, Sadasivam M, et al. Low-level laser (light) therapy (LLLT) in skin: stimulating, healing, restoring. Semin Cutan Med Surg. 2013;32(1):41-52. PMID 24049929. PMC4126803
  2. Barbaric J, Abbott R, Posadzki P, et al. Light therapies for acne. Cochrane Database Syst Rev. 2016;9(9):CD007917. PMID 27670126. https://doi.org/10.1002/14651858.CD007917.pub2
  3. Austin E, Geisler AN, Nguyen J, et al. Visible light. Part I: Properties and cutaneous effects of visible light. J Am Acad Dermatol. 2021;84(5):1219-1231. PMID 33640508. https://doi.org/10.1016/j.jaad.2021.02.048
Photothérapie dynamique, taches pigmentaires et mélasma

Séance

Traitement au long cours

Durée / nombre de séances

Amélioration en plusieurs mois ; récidives fréquentes

Niveau de preuve

Modéré (photoprotection, crèmes)

Qu’est-ce que c’est ?

  • La photothérapie dynamique (PDT), au sens médical, associe un produit photosensibilisant appliqué sur la peau et une lumière qui l’active. Elle est surtout étudiée pour certaines lésions précancéreuses et pour l’acné.
  • Le mélasma (« masque de grossesse ») est une pigmentation brune du visage, chronique et récidivante, favorisée par le soleil, la lumière visible et les hormones.

Pour quelles indications ?

Taches solaires (lentigos), mélasma, marques pigmentées après l’acné. Toute tache qui change d’aspect doit être examinée avant tout traitement esthétique.

Comment se déroule la prise en charge ?

Pour le mélasma, la base est :

  1. Photoprotection quotidienne à large spectre, de préférence teintée (oxydes de fer, qui filtrent aussi la lumière visible). Dans un essai randomisé, l’écran teinté a amélioré davantage le mélasma qu’un écran filtrant seulement les UV, chez des patientes traitées par hydroquinone [1].
  2. Crèmes dépigmentantes prescrites : la triple association (hydroquinone, trétinoïne, corticoïde) s’est montrée plus efficace que l’hydroquinone seule dans la revue Cochrane, qui juge cependant les études globalement de faible qualité [2].
  3. Acide tranexamique (oral, intradermique ou avec microneedling) : une méta-analyse de 17 essais suggère un bénéfice [3]. Sa prise orale nécessite une évaluation du risque de thrombose.
  4. Peelings, microneedling et lasers en complément (fiches 7 et 9).

Concernant la PDT et le protocole « Dynamic Care » à l’or colloïdal, nous n’avons pas trouvé de publication évaluant cette approche dans le mélasma. Elle ne peut donc pas être présentée comme un traitement validé du mélasma.

Combien de séances / combien de temps dure l’effet ?

Le mélasma s’améliore souvent en plusieurs mois, mais il récidive fréquemment, surtout après une exposition au soleil ou à la chaleur [2]. Le traitement d’entretien et la photoprotection sont donc à poursuivre au long cours.

Effets indésirables possibles

Crèmes : irritation, rougeur [2] ; l’hydroquinone ne doit être utilisée que sous surveillance médicale. Procédures lumineuses ou lasers : brûlure, hyperpigmentation rebond, surtout sur peau mate. PDT : douleur et rougeur pendant et après l’exposition.

Contre-indications et précautions

Grossesse et allaitement (plusieurs dépigmentants sont déconseillés), antécédent de thrombose pour l’acide tranexamique oral, médicaments photosensibilisants pour la PDT.

Avant / après la séance

Photoprotection stricte, chapeau, éviter les sources de chaleur intenses (hammam, four). Ne pas utiliser de crèmes « éclaircissantes » vendues sans contrôle.

Quand consulter en urgence ?

Brûlure ou cloques après une séance ; douleur dans un mollet ou essoufflement sous acide tranexamique oral.

Références scientifiques (3)
  1. Castanedo-Cazares JP, Hernandez-Blanco D, Carlos-Ortega B, et al. Near-visible light and UV photoprotection in the treatment of melasma: a double-blind randomized trial. Photodermatol Photoimmunol Photomed. 2014;30(1):35-42. PMID 24313385. https://doi.org/10.1111/phpp.12086
  2. Rajaratnam R, Halpern J, Salim A, Emmett C. Interventions for melasma. Cochrane Database Syst Rev. 2010;(7):CD003583. PMID 20614435. https://doi.org/10.1002/14651858.CD003583.pub2
  3. Chen LY, Kang YN, Hoang KD, et al. Intradermal Injection of Tranexamic Acid for the Treatment of Adult Melasma: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Facial Plast Surg Aesthet Med. 2025;27(4):305-312. PMID 39574359. https://doi.org/10.1089/fpsam.2024.0187

03 · Cheveux

Les cheveux,
d’abord un diagnostic.

Comprendre une chute de cheveux avant de la traiter.

Injection au cuir chevelu
Chute de cheveux · alopécie androgénétique, pelade, effluvium télogène

Séance

Consultation et bilan

Durée / nombre de séances

Un traitement s’évalue après plusieurs mois

Niveau de preuve

Élevé (traitements médicamenteux)

Qu’est-ce que c’est ?

« Chute de cheveux » recouvre des maladies différentes, qui ne se traitent pas de la même façon :

  • Alopécie androgénétique : affinement progressif des cheveux, d’origine génétique et hormonale (golfes et sommet chez l’homme, raie élargie chez la femme).
  • Pelade (alopecia areata) : maladie auto-immune donnant des plaques sans cheveux, parfois sur la barbe ou les sourcils.
  • Effluvium télogène : chute diffuse et abondante, souvent 3 à 4 mois après un événement déclencheur (fièvre, accouchement, régime, stress, carence) [4].

Comment se déroule la démarche diagnostique ?

Interrogatoire, examen du cuir chevelu et dermoscopie (trichoscopie), test de traction. Un bilan sanguin est souvent utile pour rechercher une carence (fer), un trouble thyroïdien ou une autre cause [4]. Certains cas justifient l’avis d’un dermatologue.

Quels traitements sont reconnus ?

  • Alopécie androgénétique : le minoxidil local (homme et femme) et le finastéride (homme) sont les traitements les mieux documentés, recommandés par la guideline européenne S3 [1]. Le minoxidil oral à faible dose est de plus en plus utilisé hors autorisation, avec des effets possibles (pilosité excessive, œdèmes) et des contre-indications (grossesse, maladie du péricarde) [5].
  • Pelade : corticoïdes locaux ou en injection pour les formes limitées ; immunothérapie de contact ou traitements généraux pour les formes étendues [2]. Dans les formes sévères, le baricitinib (inhibiteur de JAK) a permis une repousse importante (score SALT ≤ 20) chez environ 36 à 39 % des patients à 36 semaines, contre 3 à 6 % sous placebo [3]. Repousse spontanée possible dans les formes limitées.
  • Effluvium télogène : traiter la cause ; la chute s’arrête en général d’elle-même lorsque le déclencheur est corrigé [4].

Place des traitements en cabinet (PRP, mésothérapie)

Ils peuvent être proposés en complément des traitements reconnus, jamais à leur place. Pour le PRP, les preuves restent faibles à très faibles (voir fiche 8). Pour la mésothérapie capillaire, les données sont encore plus limitées. Les produits à base d’exosomes n’ont pas d’efficacité démontrée et ne sont pas approuvés (voir fiche 6).

Combien de temps avant un résultat ?

Le cycle du cheveu est lent : un traitement s’évalue après plusieurs mois, et son arrêt s’accompagne souvent d’une reprise de la chute.

Effets indésirables et précautions

Minoxidil : irritation, chute transitoire au début, pilosité du visage. Finastéride : effets sexuels possibles ; contre-indiqué chez la femme enceinte. Inhibiteurs de JAK : acné, anomalies biologiques ; surveillance médicale nécessaire [3].

Quand consulter rapidement ?

Chute brutale et massive, plaques qui s’étendent vite, cuir chevelu douloureux, rouge ou avec des croûtes, ou chute associée à de la fatigue, une perte de poids ou des règles irrégulières.

Références scientifiques (5)
  1. Kanti V, Messenger A, Dobos G, et al. Evidence-based (S3) guideline for the treatment of androgenetic alopecia in women and in men – short version. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2018;32(1):11-22. PMID 29178529. https://doi.org/10.1111/jdv.14624
  2. Messenger AG, McKillop J, Farrant P, et al. British Association of Dermatologists’ guidelines for the management of alopecia areata 2012. Br J Dermatol. 2012;166(5):916-26. PMID 22524397. https://doi.org/10.1111/j.1365-2133.2012.10955.x
  3. King B, Ohyama M, Kwon O, et al. Two Phase 3 Trials of Baricitinib for Alopecia Areata. N Engl J Med. 2022;386(18):1687-1699. PMID 35334197. https://doi.org/10.1056/NEJMoa2110343
  4. Malkud S. Telogen Effluvium: A Review. J Clin Diagn Res. 2015;9(9):WE01-3. PMID 26500992. https://doi.org/10.7860/JCDR/2015/15219.6492
  5. Ong MM, Li Y, Lipner SR. Oral Minoxidil for Alopecia Treatment: Risks, Benefits, and Recommendations. Am J Clin Dermatol. 2026;27(1):101-119 (en ligne 2025). PMID 41118052. https://doi.org/10.1007/s40257-025-00990-4

04 · Médecines complémentaires

Médecines
complémentaires.

Hijama et acupuncture : ce que disent les études.

Pose de ventouses dans le dos
Hijama (ventouses humides, الحجامة)

Séance

30 à 45 minutes

Durée / nombre de séances

Aucun rythme validé scientifiquement

Niveau de preuve

Faible à très faible

Qu’est-ce que c’est ?

La hijama est une pratique traditionnelle : des ventouses créent une aspiration sur la peau, puis de petites incisions superficielles sont réalisées et les ventouses sont reposées pour recueillir un peu de sang [1]. Elle a une place culturelle et religieuse importante pour beaucoup de patients ; ce texte en présente l’évaluation médicale.

Pour quelles indications ?

Les études portent surtout sur les douleurs musculo-squelettiques chroniques (cou, dos). Une méta-analyse (essais randomisés) retrouve une diminution de l’intensité de la douleur à court terme, sans amélioration démontrée de la fonction ni de la santé mentale, avec une forte hétérogénéité entre les études [2]. Une autre méta-analyse sur la cervicalgie chronique (9 essais, 401 participants) suggère un bénéfice, tempéré par les limites méthodologiques de plusieurs essais [3]. Ces études regroupent souvent ventouses sèches et humides, et il est difficile de réaliser une vraie comparaison « contre placebo ». Le niveau de preuve est faible. Les effets annoncés sur d’autres maladies (tension, diabète, « détoxification ») ne sont pas démontrés et ne doivent pas faire retarder un traitement.

Comment se déroule une séance ?

Examen médical préalable, désinfection, pose des ventouses, incisions superficielles avec une lame stérile à usage unique, recueil du sang, pansement. Durée : 30 à 45 minutes.

Combien de séances ?

Aucun rythme n’est validé scientifiquement. Les essais disponibles ont des protocoles très différents [2].

Effets indésirables possibles

  • Fréquents : marques rondes violacées pendant plusieurs jours, douleur locale, petites croûtes [1].
  • Moins fréquents : malaise ou évanouissement (réaction vagale), cicatrices, hyperpigmentation, brûlure si ventouses à flamme.
  • Rares mais graves : infection de la peau, et transmission d’infections par le sang (hépatites, VIH) si le matériel n’est pas stérile et à usage unique ; anémie en cas de séances répétées chez une personne fragile.

Contre-indications et précautions

Anticoagulants ou troubles de la coagulation, anémie, grossesse, diabète mal équilibré (cicatrisation), maladie de peau sur la zone, insuffisance cardiaque, faiblesse générale. Matériel stérile à usage unique, gants, élimination des déchets de soins : ce sont des exigences, pas des options.

Avant / après la séance

Avant : manger légèrement, signaler tous vos traitements. Après : garder le pansement propre et sec quelques heures, éviter le hammam le jour même, se reposer en cas de malaise.

Quand consulter en urgence ?

Fièvre, rougeur chaude qui s’étend, pus, saignement qui ne s’arrête pas, malaise avec essoufflement ou douleur thoracique.

Références scientifiques (3)
  1. Aboushanab TS, AlSanad S. Cupping Therapy: An Overview from a Modern Medicine Perspective. J Acupunct Meridian Stud. 2018;11(3):83-87. PMID 29436369. https://doi.org/10.1016/j.jams.2018.02.001
  2. Jia Y, Dong X, Chai Y, et al. Effects of cupping therapy on chronic musculoskeletal pain and collateral problems: a systematic review and meta-analysis. BMJ Open. 2025;15(5):e087340. PMID 40441767. https://doi.org/10.1136/bmjopen-2024-087340
  3. Torad AA, Taha MM, Elbosaty RF, et al. Effect of cupping therapy on chronic neck pain: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. J Back Musculoskelet Rehabil. 2026. PMID 42105092. https://doi.org/10.1177/10538127261446411
Acupuncture (الوخز بالإبر الصينية)

Séance

20 à 30 minutes

Durée / nombre de séances

Plusieurs séances, réponse réévaluée après quelques séances

Niveau de preuve

Modéré (douleurs chroniques)

Qu’est-ce que c’est ?

L’acupuncture consiste à insérer des aiguilles très fines, stériles et à usage unique, en des points précis du corps, parfois avec une stimulation manuelle ou électrique.

Pour quelles indications ?

Les preuves les plus solides concernent :

  • Douleurs chroniques (douleurs musculo-squelettiques, arthrose, maux de tête chroniques, douleurs d’épaule) : une méta-analyse sur données individuelles (39 essais, 20 827 patients) montre un effet supérieur à l’absence d’acupuncture et, de façon plus modeste, à l’acupuncture simulée, avec un effet qui persiste en grande partie à un an [1]. Au Royaume-Uni, le NICE propose d’envisager une seule cure d’acupuncture pour la douleur chronique primaire, dans des conditions définies [3].
  • Nausées et vomissements après une opération : la stimulation du point PC6 au poignet réduit les nausées par rapport à une simulation (preuves de faible qualité) et a un effet comparable aux médicaments antiémétiques (preuves de qualité modérée) [2].

Limites : le NICE ne recommande pas l’acupuncture pour la lombalgie, avec ou sans sciatique, faute de bénéfice clinique net par rapport à la simulation [4]. Pour de nombreuses autres indications (fertilité, perte de poids, maladies chroniques), les preuves sont insuffisantes. L’acupuncture ne remplace pas un traitement médical.

Comment se déroule une séance ?

Entretien et examen, pose de 5 à 20 aiguilles pendant 20 à 30 minutes, retrait. La sensation est en général une lourdeur ou un picotement.

Combien de séances ?

Les cures étudiées comportent souvent plusieurs séances hebdomadaires ; la réponse est réévaluée après quelques séances [1][3].

Effets indésirables possibles

  • Fréquents et bénins : petit saignement ou bleu, douleur au point de piqûre. Selon des enquêtes prospectives, ils surviennent dans environ 3 à 6 % des séances [5][6].
  • Rares mais graves : pneumothorax (piqûre du poumon), infection, malaise. Une revue de 12 enquêtes prospectives (plus d’un million de séances) estime le risque d’événement grave à environ 0,05 pour 10 000 séances [7].

Contre-indications et précautions

Troubles de la coagulation ou anticoagulants (prudence), infection de la peau sur la zone, grossesse (certains points sont évités), pacemaker pour l’électro-acupuncture, phobie des aiguilles.

Avant / après la séance

Manger légèrement avant, signaler vos traitements. Rester allongée quelques minutes après si vous vous sentez faible.

Quand consulter en urgence ?

Essoufflement ou douleur thoracique après une séance sur le thorax ou le dos ; fièvre ou rougeur qui s’étend autour d’un point.

Références scientifiques (7)
  1. Vickers AJ, Vertosick EA, Lewith G, et al. Acupuncture for Chronic Pain: Update of an Individual Patient Data Meta-Analysis. J Pain. 2018;19(5):455-474. PMID 29198932. https://doi.org/10.1016/j.jpain.2017.11.005
  2. Lee A, Chan SKC, Fan LTY. Stimulation of the wrist acupuncture point PC6 for preventing postoperative nausea and vomiting. Cochrane Database Syst Rev. 2015;(11):CD003281. PMID 26522652. https://doi.org/10.1002/14651858.CD003281.pub4
  3. National Institute for Health and Care Excellence (NICE). Chronic pain (primary and secondary) in over 16s: assessment of all chronic pain and management of chronic primary pain. NG193. 2021. https://www.nice.org.uk/guidance/ng193
  4. NICE. Low back pain and sciatica in over 16s: assessment and management. NG59. 2016. https://www.nice.org.uk/guidance/ng59
  5. Park JE, Lee MS, Choi JY, et al. Adverse events associated with acupuncture: a prospective survey. J Altern Complement Med. 2010;16(9):959-63. PMID 20804431. https://doi.org/10.1089/acm.2009.0415
  6. Furuse N, Shinbara H, Uehara A, et al. A Multicenter Prospective Survey of Adverse Events Associated with Acupuncture and Moxibustion in Japan. Med Acupunct. 2017;29(3):155-162. PMID 28736592. https://doi.org/10.1089/acu.2017.1230
  7. White A. A cumulative review of the range and incidence of significant adverse events associated with acupuncture. Acupunct Med. 2004;22(3):122-33. PMID 15551936. https://doi.org/10.1136/aim.22.3.122

Sécurité des injections

Pourquoi
un médecin ?

Les injections esthétiques sont des actes médicaux. Elles sont généralement bien tolérées, mais des complications graves, rares, existent. Leur prévention et leur prise en charge immédiate demandent des connaissances en anatomie, un diagnostic rapide et des médicaments disponibles sur place.

Complications vasculaires des fillers

Si le produit pénètre dans une artère ou la comprime, il peut bloquer la circulation sanguine (occlusion vasculaire).

  • Fréquence : dans une cohorte de 370 dermatologues expérimentés (1,7 million de seringues), le risque était d’environ 1 occlusion pour 6 410 seringues injectées à l’aiguille et 1 pour 40 882 à la canule. L’expérience de l’injecteur réduisait nettement le risque, et 85 % des occlusions n’ont pas laissé de séquelle durable [1].
  • Nécrose : sans traitement, la peau privée de sang peut mourir et laisser une cicatrice.
  • Cécité : complication très rare mais grave. Une revue mondiale a recensé 98 cas jusqu’en 2015, surtout après des injections de la glabelle (38,8 %), du nez (25,5 %), du sillon nasogénien (13,3 %) et du front (12,2 %) ; la plupart des pertes de vision n’ont pas récupéré [2]. Une mise à jour a recensé 48 nouveaux cas entre 2015 et 2018 : l’acide hyaluronique était en cause dans 81,3 % des cas, et seuls 20,8 % ont complètement récupéré [3]. Des accidents vasculaires cérébraux ont aussi été rapportés [2][4].

Signes d’alerte (pendant ou après l’injection)

Douleur intense et inhabituelle, peau qui blanchit puis devient violacée ou marbrée, petites cloques ou pustules dans les jours suivants, trouble ou perte de la vision, maux de tête brutaux, faiblesse d’un côté du corps, difficulté à parler. Ces signes imposent un appel immédiat au médecin injecteur ou un passage aux urgences.

Rôle de la hyaluronidase et de la prise en charge immédiate

La hyaluronidase dissout l’acide hyaluronique. Injectée rapidement et en quantité suffisante dans la zone touchée, elle est le traitement de référence de l’occlusion par acide hyaluronique cutanée [5]. Dans une méta-analyse (15 études, 223 patients), la nécrose cutanée a complètement disparu chez 77,8 % des patients traités, avec une certitude des preuves jugée faible [6]. Elle n’agit pas sur les produits qui ne sont pas à base d’acide hyaluronique. Pour l’atteinte de la vision, aucun traitement n’a montré une efficacité constante [2][3] : la prévention et l’orientation immédiate vers un service d’ophtalmologie sont essentielles.

Dangers des produits non autorisés et des injecteurs non médecins

  • La FDA recommande de ne pas acheter de fillers en ligne (produits possiblement contrefaits ou non autorisés) et met en garde contre les stylos sans aiguille (« hyaluron pen »), non approuvés pour l’injection de fillers et associés à des effets indésirables graves [4].
  • Aucun produit à base d’exosomes n’est approuvé par la FDA [7].
  • Les infections à mycobactéries après actes esthétiques sont surtout liées à des défauts d’asepsie et à de l’eau non stérile ; elles sont difficiles à diagnostiquer et à traiter [8].
  • Une personne qui n’est pas médecin ne peut ni prescrire ni injecter la hyaluronidase, ni prendre en charge une complication grave.

Ce que vous pouvez demander avant une injection

Le nom du produit et sa traçabilité (étiquette du lot), la formation de l’injecteur, la présence de hyaluronidase au cabinet, la conduite à tenir et le numéro à appeler en cas de problème.

Références scientifiques
  1. Alam M, Kakar R, Dover JS, et al. Rates of Vascular Occlusion Associated With Using Needles vs Cannulas for Filler Injection. JAMA Dermatol. 2021;157(2):174-180. PMID 33377939. https://doi.org/10.1001/jamadermatol.2020.5102
  2. Beleznay K, Carruthers JDA, Humphrey S, Jones D. Avoiding and Treating Blindness From Fillers: A Review of the World Literature. Dermatol Surg. 2015;41(10):1097-117. PMID 26356847. https://doi.org/10.1097/DSS.0000000000000486
  3. Beleznay K, Carruthers JDA, Humphrey S, Carruthers A, Jones D. Update on Avoiding and Treating Blindness From Fillers: A Recent Review of the World Literature. Aesthet Surg J. 2019;39(6):662-674. PMID 30805636. https://doi.org/10.1093/asj/sjz053
  4. FDA. Dermal Fillers (Soft Tissue Fillers). Mise à jour du 06/07/2023. https://www.fda.gov/medical-devices/aesthetic-cosmetic-devices/dermal-fillers-soft-tissue-fillers
  5. Murray G, Convery C, Walker L, Davies E. Guideline for the Safe Use of Hyaluronidase in Aesthetic Medicine, Including Modified High-dose Protocol. J Clin Aesthet Dermatol. 2021;14(8):E69-E75. PMID 34840662. PMC8570661
  6. Boey JJJ, Boey JJE, Cao T, Ng ZY. Conventional High-Dose vs Low-Dose Hyaluronidase for Skin Necrosis after Hyaluronic Acid Fillers: A Systematic Review and Pilot Meta-Analysis. Aesthetic Plast Surg. 2024;48(19):3971-3978. PMID 39214904. https://doi.org/10.1007/s00266-024-04334-1
  7. FDA. Consumer Alert on Regenerative Medicine Products Including Stem Cells and Exosomes. 2020 (à jour au 09/04/2024). https://www.fda.gov/vaccines-blood-biologics/consumers-biologics/consumer-alert-regenerative-medicine-products-including-stem-cells-and-exosomes
  8. Jabbour SF, Malek AE, Kechichian EG, et al. Nontuberculous Mycobacterial Infections After Cosmetic Procedures: A Systematic Review and Management Algorithm. Dermatol Surg. 2020;46(1):116-121. PMID 30964788. https://doi.org/10.1097/DSS.0000000000001929

Avant votre rendez-vous

Préparer sa consultation.

  • La liste de vos médicaments, y compris anticoagulants, aspirine et compléments alimentaires.
  • Vos allergies connues, notamment aux anesthésiques locaux.
  • Une grossesse en cours ou un allaitement.
  • Les soins esthétiques déjà reçus : produit, date, éventuelles complications.
  • Vos antécédents : herpès labial, maladies auto-immunes, cicatrisation difficile.
  • Pour une chute de cheveux : vos dernières analyses de sang si vous en avez.

Questions fréquentes

Vos questions,
nos réponses.

Est-ce douloureux ?

La plupart des actes provoquent une gêne modérée et brève. Les aiguilles sont très fines, et de nombreux gels d’acide hyaluronique contiennent un anesthésique local. Une crème anesthésiante peut être appliquée avant les lèvres, le microneedling ou le PRP. La sensibilité varie d’une personne à l’autre ; parlez-en avant la séance.

Pourrai-je reprendre le travail tout de suite ?

Souvent oui après la toxine botulique, la LED ou un peeling superficiel. Après des fillers, des lèvres, des fils ou un microneedling, un gonflement ou des bleus peuvent être visibles quelques jours. Mieux vaut éviter de programmer un acte juste avant un événement important.

Puis-je faire ces soins pendant la grossesse ou l’allaitement ?

Par précaution, les injections esthétiques (toxine, fillers, biostimulateurs), les fils, la plupart des peelings et l’épilation laser sont reportés pendant la grossesse et l’allaitement, car les données de sécurité sont insuffisantes. Les consultations de médecine générale restent bien sûr possibles.

Combien de temps dure le botox ?

En général quelques mois. Dans l’essai de référence sur les rides du lion, l’effet persistait chez de nombreux patients jusqu’à 4 mois (fiche 1, réf. 1). Pour la transpiration des aisselles, la durée médiane était d’environ 6,5 mois (fiche 2, réf. 3). La durée varie selon la personne, la zone et la dose.

Le résultat sera-t-il naturel ?

L’objectif du cabinet est un résultat harmonieux, adapté à votre visage, avec des quantités mesurées et un contrôle à distance si besoin. Personne ne peut garantir un résultat, car chaque peau réagit différemment. Il est possible de procéder par étapes.

Et si le résultat de l’acide hyaluronique ne me plaît pas ?

L’acide hyaluronique peut être dissous par la hyaluronidase. Cette correction comporte elle aussi des risques, dont l’allergie (fiche 4). Les autres produits (PLLA, fils) ne sont pas dissolvables de la même façon.

Pourquoi aller chez un médecin plutôt qu’en institut ou en salon ?

Les injections sont des actes médicaux, avec des complications rares mais graves (nécrose, perte de la vue). Un médecin connaît l’anatomie, reconnaît les signes d’alerte, peut prescrire et injecter la hyaluronidase sans délai et orienter vers les urgences (voir « Sécurité des injections »).

Le laser élimine-t-il les poils définitivement ?

Il réduit nettement la pilosité, mais une épilation définitive à long terme n’a pas été démontrée (fiche 10). Plusieurs séances, puis parfois des séances d’entretien, sont nécessaires.

Le PRP ou les exosomes peuvent-ils arrêter ma chute de cheveux ?

Pas à eux seuls. Il faut d’abord identifier le type de chute. Les traitements les mieux évalués sont médicamenteux (minoxidil, finastéride chez l’homme, traitements spécifiques de la pelade). Le PRP peut être discuté en complément, avec des preuves encore limitées ; les exosomes n’ont pas d’efficacité démontrée (fiches 6, 8 et 13).

Que faire si quelque chose m’inquiète après une séance ?

Appelez le cabinet. Pour une urgence (peau qui blanchit ou devient violacée, douleur intense, trouble de la vue, difficulté à respirer ou à avaler), contactez immédiatement le numéro d’urgence du cabinet ou rendez-vous aux urgences les plus proches. [Numéro à valider : +216 98 662 456]

Glossaire

Les mots du soin.

Acide hyaluronique

substance naturelle de la peau, utilisée sous forme de gel injectable pour restaurer un volume ou hydrater.

Asepsie

ensemble des mesures qui empêchent l’introduction de microbes lors d’un soin.

Biostimulateur

produit injecté pour stimuler la production de collagène par la peau (par exemple l’acide poly-L-lactique).

Canule

tube fin à bout arrondi utilisé pour injecter ; elle réduit le risque de piquer un vaisseau, sans le supprimer.

Hyaluronidase

enzyme qui dissout l’acide hyaluronique ; utilisée pour corriger un résultat ou traiter une occlusion vasculaire.

Hyperhidrose

transpiration excessive, au-delà des besoins de régulation de la température.

Hyperpigmentation post-inflammatoire

tache brune qui apparaît après une irritation ou une inflammation de la peau, plus fréquente sur peau mate.

Mélasma

taches brunes chroniques du visage, favorisées par le soleil, la lumière et les hormones.

Méta-analyse

étude qui regroupe statistiquement les résultats de plusieurs études sur une même question.

Nécrose

mort d’un tissu privé de circulation sanguine.

Occlusion vasculaire

blocage d’un vaisseau sanguin, par exemple par un produit injecté.

Phototype

classification de la peau selon sa réaction au soleil (de très claire à très foncée).

Photobiomodulation

utilisation d’une lumière de faible intensité (LED) pour agir sur les cellules de la peau.

PRP (plasma riche en plaquettes)

préparation issue du sang de la patiente, concentrée en plaquettes, réinjectée dans la peau ou le cuir chevelu.

Ptosis

chute de la paupière supérieure ; effet indésirable possible et en général transitoire de la toxine botulique.

Prendre rendez-vous

En parler en consultation.